BACHELOT & CARON et CHANTAL MAES

écrit par admin
le 30/01/2026

Du 31 janvier 2026 au 3 mai 2026

Expositions

BACHELOT & CARON

CHANTAL MAES

En 2026, reprise sous le signe de la photographie au BPS22, avec deux expositions monographiques qui explorent chacune une voie spécifique prise par le médium.

Porcelaine et faits divers du duo Bachelot & Caron emprunte celle de la manipulation technique, faisant de l’acte photographique le lieu d’une théâtralisation baroque, conduisant l’image à un point de tension entre exagérations formalistes et outrances émotionnelles. Une voie singulière qui a conduit depuis quelques années les artistes à la pratique de la céramique mais aussi de la performance.

À l’inverse, « ...puisque bafouillent aussi les astres » de Chantal Maes inscrit la photographie dans le registre de l’autobiographie, entre intimité et relation aux autres. Confiée au duo de curateurs Jean-François Chevrier et Élia Pijollet, l’exposition redéploie toute l’œuvre de l’artiste en établissant de nouveaux rapprochements entre les séries connues et les travaux inédits. L’artiste et les commissaires ont identifié plusieurs séquences, articulées autour de l’idée de "construction", à la fois plastique et biographique.

 

Bachelot & Caron

Porcelaine et faits divers

 

La Grande Halle du BPS22 est plongée dans une pénombre bleutée. Une longue table de banquet semble témoigner d’une fête interrompue. Gâteaux, volailles et gibiers, bouteilles de vin, coupes de fruits et bouquets fauchés s’étalent comme une orgie figée : chairs vernissées, reliefs monstrueux, appétits hypertrophiés dont le grotesque domestique pointe la vacuité et la petitesse des désirs consuméristes. La matière semble vouloir reprendre vie, prête à rejouer la farce d’un festin impossible. À l’opposé, un mur saturé de plus de 70 tableaux-photographiques offre une toute autre profusion : celle des faits divers dont la violence n’apparaît jamais frontalement mais surgit dans un détail déplacé, une présence incongrue, une atmosphère trop bien éclairée pour être innocente, un décor propret où affleure l’inquiétude, un geste suspendu qui appelle une histoire.

 

Entre les deux, un dialogue de débordements se noue. Un corps emballé dans une bâche en plastique est trainé et caché au cœur d’une scène cylindrique qui rappelle un ring. Lorsque les auteurs du crime refont surface, ils se métamorphosent en céramiques pour se vendre au plus offrant, voire se donner, à titre gracieux. La performance qui se joue incarne une métaphore des corps et de l’acte créateur, retraçant la genèse de l’œuvre de Bachelot & Caron, depuis l’illustration minutieuse de faits divers jusqu’à la matérialité charnelle de leurs céramiques récentes. Elle aborde l’ambivalence d’une création artistique menée en couple, le caractère érotico-animal d’une rencontre avec l’autre et la matière, l’expérience intime du duo mais également l’usure des corps qui s’exhibent, s’étreignent, luttent pour leur survie dans un monde de plus en plus

complexe. Face à cette mise en scène mêlant mythes fondateurs et renaissance, le banquet de céramiques se présente comme l’incarnation tangible de cette transformation. Chaque pièce, chairs d’émail et formes grotesques, devient symbole d’une incarnation désordonnée, presque baroque, de la pulsion créatrice. Par contraste, le mur de tableaux-photographiques archive des fragments du réel - les faits divers - comme autant de micro-mythologies populaires figées dans le temps.

 

Commissaire : Dorothée Duvivier

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Chantal Maes

« ...puisque bafouillent aussi les astres »

Le travail de Chantal Maes imbrique trois grands sujets : les empêchements de la

parole (bégaiements), les interactions sociales, et les territoires de l’enfance. "On

a dit que je 'possède le don de bégayer', explique l’artiste. Ce don fonde mon rapport à l’autre, structure ma pensée, ma relation au langage et au corps. Souvent, je mets la parole en scène alors même qu’elle représente mon problème depuis l’enfance : prendre la parole, être l’objet des regards, voir et entendre le questionnement silencieux de celui ou celle qui écoute sont devenus l’objet de mes recherches autour du langage, de la construction de soi, des rapports d’interaction avec les autres."

 

Le bégaiement est un phénomène qui surgit d’un tissu d’interactions. C’est pourquoi, les vidéos de Take a look from the inside [Jette un oeil depuis l’intérieur] ouvrent l’exposition. Dans chacune d’elle, Chantal Maes lit à haute voix un texte en suivant les phrases à travers la caméra. Tandis qu’elle cherche à énoncer les mots, la caméra répercute les tressaillements de son corps. Ces cinq textes d’auteurs différents éclairent chacun, "de l’intérieur", un aspect de l’expérience du bégaiement. La première vidéo, qualifiée de "lecture poétique" est tirée du poème de Christian Dotremont Qu’il nous arrive de bafouiller ; la seconde, "lecture ornithologique", vient du livre de l’ornithologue Jules Michel, L'Oiseau (1856) ; la troisième, "lecture sociologique", est un extrait de livre du sociologue Erving Goffman, Les Rites d’interaction (1967). La quatrième séquence, "lecture psychanalytique", à partir d’un texte de la psychanalyste Françoise Estienne, Les Bégaiements (1996), est présentée sur un moniteur, au fond de la salle.

 

Une sixième et dernière lecture "autobiographique", construite à partir des Confessionsde Jean-Jacques Rousseau (1765-1770), est visible en fin d’exposition.

 

Commissaires : Jean-François Chevrier et Élia Pijollet

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INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu 

BPS22
Campus Charleroi Métropole
22 Boulevard Solvay
6000 Charleroi

 

Date

Du 31 janvier 2026 au 3 mai 2026

 

Horaires

Du mardi au dimanche, 10:00 > 18:00

 

Tarifs

Adultes : 6 €
Seniors : 4 €
Étudiants et demandeurs d'emploi : 3 € 
Ticket Article 27 : 1,25 €
Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans et le premier dimanche de chaque mois.

 

Site web

bps22.be

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